mercredi 23 mai 2012

La force des rêves ...

Un rêve devenu réalité, ce dimanche ...




Nathalie nous a conté :


  • "Les deux amis de Bagdad", conte irakien, (recueil "Contes curieux des quatre coins du monde" de Praline Gay-Para) 
  • "Le diadème de rosée", conte chinois, du recueil "Les plus beaux contes du monde" de Gründ





Deux contes, venus de Chine et du Japon : 









Et voici les livres lus par Patricia :
  • "La grenouille qui avait une grande bouche", Keith faulkner &Jonathan Lambert, éd. Casterman
  • "A la sieste tout le monde", Yuichi Kasano,  éd. L’école des loisirs
  • "Une farce", Audrey Poussier, éd. Loulou & Cie
  • "Moi d’abord", Micheal Escoffier & Kris Di Giacomo, éd. Frimousse
  • "Nom d’un champignon !", Edouard Manceau, éd. Milan jeunesse
  • "Guili Lapin", Conte moral de Mo Willems, éd. kaléidoscope
  • "Qui a vu ma sœur ?", Joke Van Leeuwen, éd.  La joie de lire
  • "L’histoire de la petite fourmi qui voulait déplacer des montagnes", Micheal Escoffier & Kris Di Giacomo, éd. Frimousse





Et ceux lus par Alice :

  • "Caca Boudin", Stéphanie Blake, L'École des Loisirs
  • "Moi, papa ours ?", Wolf Erlbruch, Editions Milan




Merci à Nathalie, Patricia, Alice pour ces moments magiques, ce magnifique après-midi que je n'oublierai pas de sitôt, les étoiles dans les yeux, les rires et les sourires, les moments d'émotion, les "encore !" des enfants ...
Merci à Sabine d'avoir immortalisé ces instants avec son talent habituel ...
Merci à tous ceux qui sont venus, qui nous ont offert leur temps, leur écoute, leur enthousiasme ...
Merci à ceux qui ne pouvaient être là, mais nous accompagnaient en pensée ...

dimanche 6 mai 2012

"Dessine-moi une histoire ..."


Stage de création et d'illustration d'un conte, 
à destination des enfants de 6 à 12 ans, 
du 20 au 24 août 2012, à Orp-le-Grand

De la rencontre d'une artiste plasticienne et d'une conteuse est née l'envie d'inviter les enfants à inventer, illustrer, réaliser, raconter le livre de "leur" conte.  Celui qu'ils inventeront au fil des jeux d'écriture, des traits de plumes, de crayons et de pinceaux.

Organisé avec Catherine Amathéü, il se déroulera du 20 au 24 août 2012, à Orp-le-Grand dans le cadre de son atelier d'arts plastiques, "la petite galerie d'art vivant".

mardi 17 avril 2012

La petite boîte de laque noire

Très belle découverte, cette semaine, de ce livre de contes venus de Chine : l'impression (devenue rare) d'y découvrir des histoires que je n'ai jamais lues ni entendues, et très bien écrites (ce qui ne gâte rien !).
Coup de coeur pour l'histoire de "la petite boîte de laque noire".  Ma petite Adèle, à qui je l'ai lue, pleurait à grosses larmes à la fin de l'histoire (et je n'en menais pas très large, pour tout vous avouer ...)


Voici comment je la raconte :
Qiu était une jeune femme, raffinée, douce et aimante.
Quand sa petite fille vint au monde, elle fut folle de joie.  Elle l'appela Aquio.
Qiu était belle.  Ses yeux en amande, paisibles, se perdaient parfois en des rêveries et des songes sans fin.  Ses cheveux étaient d'un noir de jais, et  Aqiao  y plongeait les doigts, enroulait des chignons et des tresses tandis que la voix chaude et douce de sa maman lui chantait des berceuses.  Ses bras doux et tendre enveloppaient la petite  Aqiao  lorsqu'un chagrin lui dévorait le coeur.
Zhang, son mari, était le plus heureux des hommes entre sa femme et sa fille.  Plus la petite  Aqiao  grandissait, et plus elle ressemblait à sa maman.  Seul son caractère différait : elle était plus espiègle, plus enjouée, plus chipie.  Et Zhang disait souvent : "j'ai auprès de moi l'original et la miniature !  Deux merveilles qui font la joie de ma vie"
La vie s'écoulait, tranquille.  Zhang enseignait à sa fille les mathématiques et la calligraphie.  Qiu se réservait l'apprentissage de la musique et de l'art des jardins.  Mais l'heure que préférait Aquio, c'était le soir.  L'heure où elle se couchait sous son édredon de plumes, où sa maman lui racontait des histoires, où les princes affrontaient des dragons, où les princesses s'enfuyaient des palais pour vivre leur amour avec un pauvre payson, où les serpents et les aigles parlaient comme les hommes.   Aqiao aussi était une grande rêveuse qui croyait en la magie du monde ...
Le temps a passé, et un mauvais esprit sans doute s'est agacé de les voir si heureux !  Par jalousie, par méchanceté, il a envoyé la maladie dans la maison.  Et c'est la douce Qiu qui fut touchée.  Ses joues devinrent pâles, ses yeux encore plus rêveurs ...  Ses forces, peu à peu, l'abandonnaient.  Zhang tenta tout ce qui était humainement possible pour la guérir, il appela les meilleurs docteurs à son chevet, on administra tous les remèdes, toutes les potions, mais le mauvais esprit ne lâchait pas prise !  Zhang était au désespoir ...
Un matin, à bout de souffle, Qiu appela à son chevet sa petite fille.  La fillette, les yeux gonflés d'avoir trop pleuré, s'assit au bord du lit.  Sa maman lui prit la main 
- Aqiao , ma puce, écoute-moi.  Je vais partir bientôt pour un lointain pays dont personne ne revient.  Mais je serai toujours près de toi.  Prends cette petite boîte de laque noire et garde-la toujours avec toi.  Lorsque tu auras du chagrin, ouvre-la et tu me verras pleurer avec toi.  Lorsque tu seras heureuse, ouvre aussi la boîte, regarde dedans, et tu me verras rire, et sourire !   Maintenant, embrasse-moi, petite miniature de moi-même, car je dois me mettre en route ...
Et la maman d' Aqiao s'est endormie pour toujours.   Aqiao regardait sa maman, c'était étrange, elle était toujours là, mais on aurait dit qu'il n'y avait plus personne.
Le lendemain, on a enterré Qiu.  La petite  Aqiao tenait fermement la main de son papa dans sa main droite, et fermement la petite boîte de laque noire dans sa main gauche.  
Le temps a passé.  Au début,  Aqiao  avait beaucoup de chagrin, et elle ouvrait tout le temps la petite boîte.  Au fond de la petite boîte, elle apercevait les yeux de Qiu et les larmes qui embuaient son regard.  Alors, la fillette savait que sa maman pensait à elle, et cela adoucissait son chagrin.  Les mois et les saisons ont passé.  Aqiao a retrouvé le goût de vivre.  Lorsqu'elle s'était bien amusée, qu'elle avait joué toute la journée, lorsque la vie était gaie, Aqiao ouvrait la boîte et regardait les yeux de sa maman qui rayonnaient.  Elle savait qu'au royaume de nulle part, Qiu était heureuse du bonheur de sa petite fille.
Cela a duré jusqu'au jour où  Aqiao a voulu annoncer à sa maman qu'elle était amoureuse, qu'elle avait rencontré celui qui deviendrait son époux.  Toute émue, elle ouvrit la petite boîte de laque noire, regarda ... et comprit tout-à-coup qu'au fond, était collé un simple miroir, qui lui renvoyait l'image de son propre visage.  Alors, Aqiao sourit devant la délicate et tendre ruse de sa mère.  Et le sourire qui se refléta dans le fond de la boîte était si doux, si serein, si joli, que le vieux miroir fit entendre un petit crissement et, doucement, se craquela de mille nervures.  Il avait fini sa mission.  Aqiao, à présent, pouvait suivre son propre chemin.


jeudi 29 mars 2012

"Croissants et chocolat"

Le 6 mai 2012 à partir de 9h30, ma fille et moi serons les invitées de Diana, dans son émission "Croissants et chocolat" sur Radio Passion FM.

Alice lira mon conte "le reflet de château" ...  Comment la petite Agathe, qui chante comme une casserole, deviendra-t-elle cantatrice ?  Grâce à un bien mystérieux musicien qui se cache dans le reflet du château de l'oncle Oscar ...

mardi 27 mars 2012

Beaucoup de projets qui se dessinent et se concrétisent autour des contes, et expliquent un peu mon long silence sur ce blog  (je n'ai plus le temps !) ...

Pour fêter l'arrivée des vacances, j'irai conter ce jeudi dans les classes de maternelle de l'école de mon village, contes recueillis dans le livre "l'éveil par le conte" de Jean-Claude Renoux pour les plus petits, l'une ou l'autre de mes histoires pour les enfants de deuxième et troisième maternelles.  Toujours un moment de pur bonheur, une fameuse complicité qui s'est tissée au fil des contes et des histoires que je viens régulièrement leur raconter (d'ailleurs, ils m'appellent "maman-histoires", et j'en suis drôlement fière).

Je conterai le 22 avril lors de l'opération "je lis dans ma commune" organisée par la commune de Chastre.  

Une émission à notre radio locale, avec ma fille Alice, qui y lira le dernier né de mes contes (date à programmer, probablement dans le courant du mois de mai)

Le prochain atelier de contes sur le thème de "Zahra", et une balade contée où quelques amis et moi conterons et/ou lirons des albums jeunesse (le 20 mai, à Huppaye).

Et puis, un rêve de longue date, en train de prendre forme, un atelier de création et d'illustration de contes pour les enfants, fin août, avec une talentueuse plasticienne, Catherine Amathéü.

Bref, vous l'avez deviné, j'ai du pain sur la planche.  Mais j'adore cela !  Je vous laisse découvrir tous les liens dont j'ai truffé ce post, pour vous faire patienter...  Mais c'est promis, je posterai de nouveaux contes très bientôt !

mercredi 19 octobre 2011

Ce vieux barbu qui a rempli notre enfance de rêve et de magie ...

Ca y est...  Ma fille aînée, 8 ans, m'a posé la question fatidique :  "Maman, à l'école, j'ai entendu que c'est les parents et pas Saint-Nicolas qui achètent les cadeaux".
"Et toi, qu'est-ce que tu crois ?"
"Je crois que c'est vrai !"

Une page qui se tourne ...

Alors, parce que je n'ai pas envie de laisser s'éteindre trop vite la magie de ce bon vieux barbu, je vous invite à lire le texte "Noël" sur le blog d'Henri Gougaud.

Pourquoi les enfants croient-ils ce qu’on leur dit ? Pourquoi accordent-ils foi aux histoires les plus déraisonnables ? Certes, ils sont à l’âge où l’on ne sait pas démêler le vrai du faux. Mais pourquoi font-ils confiance ? Pourquoi penchent-ils naturellement vers le oui plutôt que vers le non ? Et si le fait de croire aux êtres invisibles était une évidence innée, plutôt que le résultat d’une ignorance ?

« Le Père Noël sur son traîneau céleste va faire halte sur le toit, descendre par la cheminée, déposer un cadeau, sans bruit, dans tes souliers et reprendre sa course, là-haut, dans le ciel noir. » Les yeux s’éclairent et les mains battent. Pas le moindre soupçon de doute. Seraient-ils de sages vieillards, leur certitude émerveillée aurait de quoi nous convertir. Mais non, ce sont des enfants ignorants. Ils ne savent rien de ce monde. Et si grandir c’était aussi perdre une certaine mémoire ? Les poètes au bout de leur vie en redécouvrent quelques bribes. « La vie, disent-ils, est mille fois plus vaste que les rêves humains. » Et si les enfants savaient naturellement cela ?

Vient l’âge où l’on éteint cette heureuse lumière. Le Père Noël n’existe pas. C’était un mensonge amusant. La merveille hier évidente ? Le fol espoir qui fait aimer l’hiver ? Réveille-toi. Regarde. Il n’y a rien. La rue, les murs, les gens, c’est tout. Le bleu du ciel ? De l’air. Les étoiles ? Des terres mortes. Et cesse de rêver, mon fils. Fais tes devoirs. Il va falloir lutter pour te faire une place. Il a dix ans au plus, l’enfant, quelquefois moins. Le voilà grand. Désenchanté. « Il a perdu cette sublime foi aux choses invisibles qui est l’essence même de la vigueur et de la jeunesse. » C’est une parole d’Okakura Kakuso, l’auteur du Livre du Thé. Il connaît les saveurs, les douces et les amères.

Il en est qui ne croiront jamais plus au Père Noël. Ils le diront à l’occasion comme on dit de ces choses froides, avec un grincement de porte mal fermée. D’autres en éprouveront une vague souffrance, leur vie durant. Ils rétréciront tout, de crainte d’être dupes. Une fois (une foi ?) suffit. Il ne faut pas croire au Père Noël. J’en connais qui ne se sont jamais relevés de leur chute dans cette épaisseur des choses que l’on appelle le réel. Certes, ils ont vécu, ils ont fait leur chemin, ils sont même, parfois, « arrivés ». Mais quelqu’un geint au fond d’eux-mêmes. Quelqu’un, pour ne pas dire un ange, un enfant aux ailes brisées.

Redonnez sa chance au Père Noël. Et si le mensonge n’était pas où on le croit ? Et s’il était justement dans cette désespérante exclusivité offerte à la prétendue réalité ? Et s’il n’était pas vrai que ce sont les parents qui offrent les cadeaux ? « Oui, c’est moi qui l’ai acheté et qui l’ai déposé sous l’arbre. Mais je ne te paie rien, et tu ne me dois rien. Dans ce monde où rien n’est gratuit, quelqu’un passe chez toi et offre et repart on ne sait même pas où sans même attendre ton merci. Qui fait cette merveille ? Ni toi ni moi. Qui donc ? » Semons au moins cette question dans le regard de nos enfants. Au moins qu’ils aient une lumière vers qui marcher, dans la forêt qui les attend.

“La grande Oreille” n° 8

Et si Saint-Nicolas existait vraiment ?  Sans ce vieux bonhomme, les adultes, qui sont des gens sérieux d'habitude, se livreraient-ils à toutes ces âneries (dire de gros mensonges, bouffer les carottes de l'âne, se déguiser et mettre des fausses barbes, acheter des tas de sucreries pour leurs enfants, etc. ) ?

A défaut de lui faire croire à toutes ces "carabistouilles", j'ai semé ce doute dans le regard de ma fille ...

mercredi 12 octobre 2011

"La centième nuit"

Bonne nouvelle : la météo de ce samedi s'annonce clémente, et l'observation des étoiles prometteuse...

En attendant que l'obscurité tombe, quatrième et dernier des "contes de la nuit" ...   Inspiré de la version présentée sur le blog d'Henri Gougaud

Derrière les lunettes d'écailles rondes, on devine à son regard distrait un grand savant, philosophe, poète à ses heures.  Or ce grand savant, philosophe, poète à ses heures, tombe un jour éperdument amoureux d'une dame.  Amoureux fou !  Tellement amoureux, qu'il ne sait plus faire une addition, qu'il ne comprend plus la plus élémentaire équation, qu'il en oublie même ses tables de multiplication !  Il ne pense qu’à son aimée, ne parle que d’elle, ne voit qu’elle dans ses songes.  Cette dame, flattée mais plus encore inquiète d’un amour si brûlant, décide, avant de lui céder, d’imposer une épreuve à cet amant apparemment indélébile. “Vous m’aimez ? lui dit-elle. Grâces vous soient rendues. Permettez cependant que je m’en assure. Venez cent nuits durant veiller sous ma fenêtre. Si vous êtes assez constant, quand s’éteindra le cent et unième jour, je vous lancerai la clé de ma chambre, que je vous permettrai de recevoir comme la clé de mon coeur."
Fou d'espoir, le grand savant, philosophe, poète à ses heures, vient la première nuit.  Il déplie son tabouret, s'assied sous la fenêtre, et, du crépuscule à l'aube, il contemple, éperdu de bonheur, sa bien-aimée...  
Le grand savant, philosophe, poète à ses heures, vient la deuxième nuit.  Il déplie son tabouret, s'assied sous la fenêtre, et, du crépuscule à l'aube, il contemple, éperdu de bonheur, sa bien-aimée...    
La troisième nuit, notre grand savant, philosophe, poète à ses heures, déplie son tabouret, s'assied sous la fenêtre, et, du crépuscule à l'aube, il contemple, éperdu de bonheur, sa bien-aimée...    
La quatrième nuit, notre grand savant, philosophe, poète à ses heures, déplie son tabouret, s'assied sous la fenêtre, et, du crépuscule à l'aube, il contemple, éperdu de bonheur, sa bien-aimée...     
La cinquième nuit, .... : vous l'avez compris, notre grand savant, philosophe, poète à ses heures, vient dix nuits, vingt nuits, cinquante nuits, fidèlement, du crépuscule à l’aube, sous la fenêtre de la chambre où dort sa bien-aimée. Il vient ainsi quatre-vingt-dix-neuf nuits. La dame, flattée de tant de preuves d'un amour constant et impérissable, se faisait belle devant son miroir, dans l'attente fébrile de la centième nuit ...
Imaginez la profonde et secrète jubilation qui envahit notre amant redevenu philosophe, cet avant-dernier matin où il abandonne son tabouret et retourne chez lui. 
La centième nuit, notre grand savant, philosophe, poète à ses heures, ne revient pas...